Après s’en être pris au bac ES dès la fin août, Xavier Darcos recommence sur RMC. Le ministre de l’Éducation nationale a en effet évoqué l’idée de réunir les trois séries du baccalauréat général (L, ES et S) en une filière unique, aux multiples options.
Selon lui, cette mesure permettrait de « rééquilibrer » les bacs. Autrement dit, de redonner à la série ES son « identité », de rendre de nouveau attractive la série L, de plus en plus désertée, et de mettre à bas la suprématie de la série S qui, selon le ministre, « n’a plus qu'une fonction, sélectionner des élites (...) y compris des élites qui ensuite vont faire du droit ou des lettres ». Une série qui, finalement, n’alimente plus assez les formations supérieures scientifiques, surtout à l’université... Pour Bruno Magliulo, inspecteur d’académie honoraire et auteur de « Réussir ses études avec un bac ES » (éditions l’Etudiant), la discussion autour du bac général constitue le premier pas vers un débat plus vaste sur le lycée. « Par exemple, il sera peut-être bientôt question d’adjoindre à ce nouveau baccalauréat les bacs technologiques, toujours en faisant fonctionner le jeu des options », avance-t-il. On n’en est pas encore là…
Jusqu’ici, toucher au bac ne s’est jamais révélé une partie de plaisir… Pour remplacer les baccalauréats A, B, C, D et E créées en 1968 par les séries actuelles (instituées en 1994), Lionel Jospin a dû se montrer très patient. De son côté, en 2005, François Fillon a dû reculer face à la grogne des lycéens : il était alors question d’instaurer une part de contrôle continu dans l’examen. Aujourd’hui encore, évoquer une possible réforme du bac met les syndicats d’enseignants sur la défensive. Ainsi, le secrétaire général du SNES (Syndicat national des enseignants de second degré), Roland Hubert, s'est dit « très très surpris » des propos de Xavier Darcos. Et d’ajouter : « Ça ne peut pas se faire sans qu'on en ait parlé très longtemps auparavant avec nos collègues ». Xavier Darcos doit faire des propositions en début d’année prochaine.
De toutes les façons, ce bac, qui fait tant couler d’encre depuis la rentrée, ne suffit pas pour le ministre de l’Éducation… En effet, dans la foulée de ses précédentes déclarations, celui-ci a annoncé vouloir porter 50 % d'une génération au niveau licence. « Avoir 80 % d'une génération au baccalauréat n'est plus l'objectif », a lancé Xavier Darcos lors du forum Libération le 13 septembre dernier. « Il y a deux grands pans [dans la vie scolaire] : les 3-16 ans et les 16-25. Il faut mener tous les enfants à la scolarisation jusqu'à 16 ans et penser qu'une majorité des 16-25 ans ira à bac + 2 voire bac + 3 », a-t-il déclaré. De quoi combler l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) qui préconise une augmentation de 100 000 diplômés de l'enseignement supérieur de plus en France chaque année pour booster la croissance du pays.