« Mon but est de gagner beaucoup d'argent, avec un métier plutôt créatif dans la publicité ou la télévision, peu importe », confiait voici deux ans Jonathan*, à peine sorti d'une terminale ES (économique et sociale) et alors inscrit en licence info-com. Aujourd'hui, à 20 ans, il s'apprête à se réorienter en éco-gestion ou en AES (administration économique et sociale). « Les métiers du commerce et de la finance m'intéressent davantage à présent : ils sont beaucoup mieux rémunérés que ceux de la publicité ou de la télévision, non ? »
Y’a pas de mal à vouloir gagner bien
L'argent, voilà ce qui guide Jonathan dans ses choix. Idem pour Lucille. À 16 ans, cette excellente élève de terminale littéraire n'affiche aucun complexe en la matière. « J'aimerais gagner bien ma vie. C'est pour ça que je bosse autant ! explique-t-elle. Mon but : obtenir le bac avec une mention très bien pour accroître mes chances d'être prise à Sciences po. » Toujours dans l'optique d'améliorer matériellement son quotidien, elle cumule les petits boulots : baby-sitting, serveuse, mannequin… « J'aimerais travailler tôt. Avec un peu de chance, j'aurai mon bac à 17 ans et je pourrai exercer mon métier dès 23 ans. » Elle se dit pourtant anxieuse face à l'avenir. Elle a envisagé de devenir avocate, puis journaliste, avant de jeter son dévolu sur la communication. « La mère de ma meilleure amie travaille dans ce secteur. Elle vit dans le luxe ! Un grand appartement, des vacances sous les tropiques, sans arrêt de nouvelles fringues... »
La poudre aux yeux ?
Publicité, communication, télévision, journalisme, finance... Lorsqu'on évoque les milieux où l'argent coule à flots, ce sont toujours les médias et la finance qui reviennent ! Ceux où, accessoirement, s'affichent aussi les « people ». « Notre génération est victime de la poudre aux yeux lancée par la société de consommation, analyse, lucide, Jonathan, qui n'est pourtant pas le dernier à afficher ses ambitions pécuniaires. Ne pas réussir financièrement dans la vie serait une grande frustration. »
Reste qu'au fur et à mesure que Jonathan et Lucille découvrent la réalité de la plupart de ces métiers de rêve (pleins de fauchés courant le cachet, que ce soit à la télé, dans la pub, les médias...), leur vocation s'évanouit aussi vite qu'elle est née.
Faire mieux que les parents
Rares sont cependant les lycéens et étudiants qui, comme Jonathan et Lucille, étalent aussi clairement leurs ambitions. En règle générale, les ambitieux, ce sont toujours les autres. « Dans mon école, on voit tout de suite ceux qui sont là pour gagner de l'argent, observe Cécile, en deuxième année dans une ESC (école supérieure de commerce) réputée. En général, ils viennent de milieux très friqués. Nous essayons tous d'avoir au moins le même niveau de vie que nos parents. C'est un peu normal…» Si Cécile commence elle aussi à s'intéresser de près à la courbe des salaires des diplômés de son école, elle n'estime pas faire partie de ces jeunes appâtés par le gain. « Je suis membre d'une association humanitaire. Ceux qui y adhèrent comme moi sont plutôt réservés sur le "système". Nous préférons de loin l'aventure à l'argent. Mais j'ai l'impression que nous sommes une minorité. »
Le tabou de l'argent…
L'argent, on y pense, on en parle peu. « Avec mes camarades de promotion, nous n'évoquons jamais les salaires, confirme Erwan, 19 ans, qui entre en deuxième année de DUT (diplôme universitaire de technologie) génie des télécommunications et réseaux. C'est un sujet qui me gêne. D'abord parce que je sais que, parmi mes copains, certains ont des parents qui gagnent moins bien leur vie que les miens. Pourtant, je l'avoue, je pense beaucoup à l'argent, et de plus en plus à mesure que je me rapproche de l'entrée dans le monde professionnel. Par exemple, j'hésite à poursuivre mes études : une licence professionnelle m'apportera-t-elle de réels avantages au niveau salarial par rapport à un bac+2 ? »
… jusqu'à se confronter à la réalité
C'est finalement la confrontation à la réalité qui oblige chacun à parler argent. « Je trouvais déjà tellement inespéré de faire mon stage chez un grand opérateur de téléphonie que je n'ai jamais osé aborder la question de la rémunération, se rappelle Erwan. J'ai touché une indemnité de base. Il a fallu que nos profs nous fassent un grand discours pour nous inciter à aborder le sujet lors des entretiens. J'espère me décoincer lorsque je chercherai un premier emploi ! »
Xavier, 18 ans, titulaire d'un bac S, entre cette année en école d'ostéopathie. De son propre aveu, il n'a pas pour objectif de mener une vie de « jet-setteur ». Mais la perspective d'une rémunération élevée à la sortie des études l'a quand même décidé dans son choix. « Je savais que le boulot d'ostéopathe était plutôt bien payé, c'est ce qui m'a décidé. Mais je trouve ça beaucoup plus rassurant que vraiment motivant ! Le cursus en école dure six années et coûte 7 000 € par an. Jusqu'au lycée, on rêve. Après, on prend conscience des réalités. »
Rentables, les études ?
Un souci du « retour sur investissement » partagé par Cécile. « Je n'ai surtout pas l'intention de travailler quatre-vingts heures par semaine pour gagner des milliers d'euros plus tard, souligne-t-elle. Je ne sais d'ailleurs pas exactement à partir de quand on considère qu'on gagne très bien sa vie : 2 000, 6 000 € par mois... ? Dans ma famille, on refusait de parler d'argent. Cette question est venue très tard, en fait au moment où ma mère a commencé à en manquer. C'est là que je me suis demandé dans quelles mesures mes études seraient rentables. Comme je devrai rembourser mon prêt étudiant, ce sera une nécessité pour moi de gagner un minimum. Paradoxalement, ceux qui, autour de moi, parlent le plus librement de rouler sur l'or plus tard sont ceux qui n'ont pas de difficultés à financer leurs études... »
Provocation ou angoisse ?
Jonathan, qui pense vaguement au métier de trader, tout en admettant ne pas savoir exactement en quoi il consiste, n'a pourtant rien d'un prétentieux cynique. Questionné sur ses motivations, il admet que son attrait pour l'argent cache d'autres préoccupations, notamment une certaine loyauté vis-à-vis de ses parents. « L'argent règle bien des soucis de la vie quotidienne, explique-t-il. Je viens d'un milieu modeste. L'ascension sociale est primordiale pour moi, et celle-ci ne se fait que par le biais de l'argent. Gagner de l'argent peut s'apparenter à un jeu. Mais d'un point de vue personnel, c'est d'abord un devoir. » Même motivation pour Lucille : « Ma mère, institutrice, nous a élevées seule, ma petite sœur et moi. Nous vivons dans un minuscule appartement à Paris et devons compter chaque sou à la fin du mois. Elle m'encourage vraiment à choisir une voie qui me rende la vie plus facile. » Cécile, enfin, ne cache pas ses angoisses. « Si je n'avais pas eu peur de l'avenir, j'aurais fait autre chose, de plus artistique : du dessin ou l'école du Louvre ... » Une peur de l'avenir décidément très partagée.
Je fais des études pour avoir un meilleur boulot que si je n'en faisais pas, je pense à un truc comme travailler au Mc Do et même pas gagner le SMIC (je n'ai rien contre ceux qui travaillent là-bas, je parle juste en termes d'expérience...). Car sorti du lycée avec un Bac Général, je ne pense pas qu'on puisse trouver un boulot sympa et qui nous plaise tout de suite. Il faut d'abord une qualification et cette qualification passe par quelques années d'études.
Même chose pour moi surtout que la vie coûte de plus en plus cher. Aujourd'hui, si un ménage n'a pas 2000€ par mois, il est difficile de vivre convenablement. Et pour gagner cet argent il faut la plupart du temps faire des études supérieures.
Auparavant, en ayant le bac en poche, on pouvait devenir employé et gagner convenablement sa vie. A l"heure acutelle, celui qui fait 3 ans d'études supérieures devient cet employé de l'époque alors que la personne qui n'a que son bac trouve des boulots qui, la plupart du temps, ne nécessitent pas de connaissance particulière ce qui implique un salaire moins élevé (qui ne suffit pas toujours pour vivre).
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Elvenpath
Je suis une licence de Géographie, actuellement je suis en L2 à Bordeaux
moi aussi mais avec de l'histoire en plus et a paris
si je continue mes études c'est pour deux raisons :
- j'adore ce que je fais et l'histoire et ma vrai passion
- les mêmes raisons que vous : avoir un travail qui rapporte
Enfin il faut quand même savoir que même avec un bac +3, trouver un travail ne s avère pas toujours facile. A un moment on a pas assez de diplôme, a un autre, on en a trop .... alors la solution ?? heu vive les fonctionnaires ?? (mais pas la sncf ^^)
Perso je fais des études parce que j'aime être sur les bancs de l'école ^^' J'aime apprendre des trucs nouveaux. Même si ca reste très théorique, je fais beaucoup de matière, et la plupart me servent dans ma vie au quotidien.
A coté de ça, j'vois la conjoncture actuelle (surtout en france) et je me dis qu'avec le bac on fait "rien" de nos jours. J'suis en 3e année, j'suis partie pour une 4e, et une 5e (si tout vas bien!).
Et puis c'est aussi agréable pour moi de réussir mes études (autosatisfaction, quand tu me tiens) alors ça me donne envie de continuer!
Hep Elvenpath, j'suis jms allée a bordeaux, on se fait une IRL, tu m'invites, tu m'héberges? 8-)
Moi j’étudie tous les jours, puisque c’est ma dernière chance de monter en secondaire 2. (J’ai un trouble d’apprentissage) Si je ne réussi pas mon année, je vais toujours aller en classes spécialisées. Mais pour le moment mes professeurs mon t’assurés que je passe parfaitement mon année, mais qu’il faut que je travaille encore très fort!
Oui c'est sur que c'est tjrs une grande satisfaction et puis il faut avouer que le bac ajd perd de son intérêt si ce n'est pour avoir accès aux études supérieures.
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