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Vieux 30/11/2007, 11h16   #1
cmbelgique
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Thumbs down [Dossier] Causes de la crise en Belgique

La formation du gouvernement butte toujours sur les exigences de la N-VA, dont l'attitude rappelle la défunte Volksunie. De quelle influence disposent les ex-membres du parti nationaliste flamand, disparu en 2001 ? Enquête.

Le scénario se répète fréquemment : un débat a lieu dans une petite ville de Flandre, sur un thème quelconque. Les trois grandes familles politiques - socialiste, chrétienne- démocrate et libérale - envoient chacune un représentant. Et le public se retrouve face à trois anciens membres de la défunte Volksunie ! Malgré sa disparition officielle, la formation nationaliste flamande n'est donc pas tombée dans le néant.

Les plus paranoïaques considèrent même que ses anciens militants forment une sorte de réseau, une société secrète qui tire toutes les ficelles de la politique flamande. Très exagéré, sans aucun doute. Néanmoins, on ne peut pas comprendre la crise actuelle sans en référer à la « VU ».
La Volksunie s'est battue pour transformer la Belgique en un Etat fédéral

Pendant des décennies, la Volksunie s'est battue pour transformer la Belgique en un Etat fédéral. Mais lorsque la Flandre put - enfin ! - gérer elle-même son économie, son enseignement, sa culture, les dirigeants de la VU se trouvèrent fort dépourvus. « La vlaamsgezindheid ( l'attachement à la cause flamande) et le désir d'une Flandre autonome avaient jusque-là servi de Maïzena au parti. Mais quelle Flandre construire ? Que faire de ces compétences durement acquises ?

Là-dessus, personne n'était d'accord », résume Geert Lambert, ancien vice-président de la VU, aujourd'hui chez Spirit. Sur le plan socio-économique, le parti allait de l'extrême gauche à l'extrême droite... L'implosion était inévitable. Elle finira par arriver, en 2001, après des mois de quasi-vendettas.

Six ans plus tard, la plupart des ex-membres de la VU demeurent politiquement actifs. L'aile droite s'est regroupée au sein d'un nouveau parti, la N-VA, qui forme un cartel avec le CD&V. L'aile gauche a fondé Spirit, aujourd'hui allié aux socialistes. Le reste des troupes a rejoint d'autres partis, en ordre dispersé. Au total, cette « diaspora » issue de la VU occupe un nombre invraisemblable de postes clés. Un succès assez époustouflant pour un parti qui, dans les années 1990, peinait à amasser 10 % des voix en Flandre. « Nous, les anciens de la VU, nous défendons des projets de société assez différents. Mais nous avons tous en commun ce que j'appellerais le Vlaamse reflex , le réflexe flamand », commente le sénateur Hugo Coveliers.

Résultat : l'ex-Volksunie est morte et enterrée, mais son spectre hante plus que jamais la politique belge. Un homme résume à merveille ce paradoxe : le député européen Bart Staes. Dans les manifs de sa jeunesse, il lui arrivait de gesticuler autour d'un drapeau belge en flammes. Après l'éclatement de la VU, il a rallié les écologistes, dont il est aujourd'hui l'une des figures de proue. Dans son bureau, deux étendards se font face : le bleu étoilé et le lion noir sur fond jaune. Et cela alors que Groen ! passe pour le parti flamand le plus belgicain !

« Je ne ressens aucune identité belge, justifie-t-il. La Belgique a été créée par le hasard de l'Histoire. Moi, je suis flamand avant tout. Et européen, ensuite. » Pour comprendre, il faut remonter à la Première Guerre mondiale : un grand-père mobilisé en juillet 1914 et rentré à la maison quatre ans plus tard, dégoûté par la guerre et « plus flamand qu'il ne l'était en partant ». « J'ai grandi avec cette histoire-là. On est fier d'appartenir à cette terre. Mais je ne suis pas séparatiste. La Belgique, c'est une expérience unique au monde, un véritable laboratoire. »

Bart Staes le reconnaît néanmoins : sa présence chez Groen ! contribue à infléchir les débats internes portant sur les questions communautaires. « Compte tenu de mon passé à la VU, je dis des choses qui, sinon, n'auraient pas été dites. »

Toutefois, les partis flamands s'étaient déjà radicalisés, avant même que les membres de la VU n'essaiment dans toutes les directions. Au début des années 1990, les libéraux du PVV ont ainsi modifié le nom de leur parti en VLD, avec un V signifiant désormais Vlaams . Les socialistes, jusqu'alors très unitaristes, ont connu une évolution semblable avec l'arrivée de Patrick Janssens ou Frank Vandenbroucke, des gens qui possèdent le fameux « réflexe flamand ». A l'inverse, les anciens de la Volksunie ne sont pas tous des indépendantistes excités. « J'ai rejoint la VU, parce que je n'aimais pas l'impérialisme de certains politiciens francophones et que je voulais que les Flamands soient traités correctement à Bruxelles. Mais je n'ai jamais rêvé du séparatisme », confie le député bruxellois Sven Gatz (Open VLD).

La Volksunie n'a jamais été un parti « comme les autres ». On y entrait par conviction, pas pour faire carrière. S'y côtoyaient des anciens collabos et de jeunes gauchistes romantiques. Vaille que vaille, tout ce monde formait une vraie famille. Et ceux qui y ont appartenu n'en sont pas sortis indemnes. Ils restent marqués par ce parti où les débats étaient plus intenses qu'ailleurs. Prenez le cas de Bart Somers : le président de l'Open VLD, qui a quitté la VU en 1992, négocie actuellement la formation du futur gouvernement. Et tous les échos convergent : dès que les discussions portent sur le communautaire, il est beaucoup plus dur que Patrick Dewael et Karel De Gucht, les autres négociateurs libéraux flamands.

L'influence des vétérans de la VU se mesure aussi à l'aune de leur savoir-faire. Les questions institutionnelles constituaient le core business de leur parti, et la plupart d'entre eux connaissent par coeur les rouages du fédéralisme à la belge. Dès lors, lorsqu'il s'agit d'arrêter une position là-dessus, les partis recourent souvent à leur expertise. « Les ex-VU possèdent un certain feeling pour les négociations communautaires, explique Koen T'Sijens (Spirit), bourgmestre de Boechout et ex-député fédéral. Pour les partis traditionnels, ce qui compte, c'est d'arriver le plus vite possible à un accord. Du coup, ils ont tendance à faire plus facilement des concessions. »
Pas de réseau des anciens de la VU

Reste la question à 1 000 euros : quels sont les liens qui unissent encore les anciens de la Volksunie ? La plupart refusent de parler d'un réseau, même informel. « Si j'ai besoin de quelqu'un au CD&V, je me tourne vers Johan Sauwens. Si je veux l'avis d'un libéral, j'appelle Patrik Vankrunkelsven, raconte le député flamand Kris Van Dijk (N-VA). C'est un réflexe. Ce sont d'anciens camarades. Mais il n'y a pas de grand complot ni de réunions secrètes... »

Lors des précédentes négociations sur Bruxelles-Hal-Vilvorde, en 2005, il semble bien que Hugo Schiltz (Spirit) et Patrik Vankrunkelsven (VLD) étaient en contact régulier. « Schiltz appelait les uns et les autres pour mettre tout le monde sur la même ligne. Et Bart De Wever a téléphoné plusieurs fois à Geert Lambert pour attirer son attention sur tel ou tel aspect », certifie un membre du SP.A-Spirit. Geert Lambert, qui était à l'époque président de Spirit, livre sa version des faits : « On ne voulait surtout pas paraître moins intransigeants que les gens de la N-VA.

Pour nous, c'était important de savoir jusqu'où ils auraient été prêts à faire des concessions, s'ils s'étaient trouvés à notre place. Mais je n'avais pas besoin de les appeler pour ça. Je les connais, je sais comment ils pensent. »
Aujourd'hui, la situation s'est inversée : la N-VA se trouve à la table des négociations, contrairement au cartel SP.A-Spirit. Mais, pour les nationalistes flamands, l'équation reste similaire : les dirigeants de la N-VA ne peuvent se permettre de dire « oui », là où Spirit aurait calé.

L'impact des anciens de la VU n'est donc pas seulement idéologique, il concerne aussi la lutte stratégique pour le pouvoir. Si le CD&V tournait par exemple le dos à la N-VA, il ne perdrait sans doute pas plus de 3 ou 4 % des suffrages. Mais si ces voix-là s'en vont vers le Vlaams Belang ou la Lijst Dedecker, l'échiquier politique serait alors complètement bouleversé. Conséquence similaire : si Spirit abandonnait le cartel qu'il forme avec le SP.A pour s'allier à Groen ! ou à l'Open VLD. Dans un jeu politique de plus en plus instable et mouvant, aucun parti politique ne peut donc ignorer les exigences des anciens de la Volksunie.

Là-dessus, personne n'était d'accord », résume Geert Lambert, ancien vice-président de la VU, aujourd'hui chez Spirit. Sur le plan socio-économique, le parti allait de l'extrême gauche à l'extrême droite... L'implosion était inévitable. Elle finira par arriver, en 2001, après des mois de quasi-vendettas.

Six ans plus tard, la plupart des ex-membres de la VU demeurent politiquement actifs. L'aile droite s'est regroupée au sein d'un nouveau parti, la N-VA, qui forme un cartel avec le CD&V. L'aile gauche a fondé Spirit, aujourd'hui allié aux socialistes. Le reste des troupes a rejoint d'autres partis, en ordre dispersé. Au total, cette « diaspora » issue de la VU occupe un nombre invraisemblable de postes clés. Un succès assez époustouflant pour un parti qui, dans les années 1990, peinait à amasser 10 % des voix en Flandre. « Nous, les anciens de la VU, nous défendons des projets de société assez différents. Mais nous avons tous en commun ce que j'appellerais le Vlaamse reflex , le réflexe flamand », commente le sénateur Hugo Coveliers.

Résultat : l'ex-Volksunie est morte et enterrée, mais son spectre hante plus que jamais la politique belge. Un homme résume à merveille ce paradoxe : le député européen Bart Staes. Dans les manifs de sa jeunesse, il lui arrivait de gesticuler autour d'un drapeau belge en flammes. Après l'éclatement de la VU, il a rallié les écologistes, dont il est aujourd'hui l'une des figures de proue. Dans son bureau, deux étendards se font face : le bleu étoilé et le lion noir sur fond jaune. Et cela alors que Groen ! passe pour le parti flamand le plus belgicain !

« Je ne ressens aucune identité belge, justifie-t-il. La Belgique a été créée par le hasard de l'Histoire. Moi, je suis flamand avant tout. Et européen, ensuite. » Pour comprendre, il faut remonter à la Première Guerre mondiale : un grand-père mobilisé en juillet 1914 et rentré à la maison quatre ans plus tard, dégoûté par la guerre et « plus flamand qu'il ne l'était en partant ». « J'ai grandi avec cette histoire-là. On est fier d'appartenir à cette terre. Mais je ne suis pas séparatiste. La Belgique, c'est une expérience unique au monde, un véritable laboratoire. »

Bart Staes le reconnaît néanmoins : sa présence chez Groen ! contribue à infléchir les débats internes portant sur les questions communautaires. « Compte tenu de mon passé à la VU, je dis des choses qui, sinon, n'auraient pas été dites. »

Toutefois, les partis flamands s'étaient déjà radicalisés, avant même que les membres de la VU n'essaiment dans toutes les directions. Au début des années 1990, les libéraux du PVV ont ainsi modifié le nom de leur parti en VLD, avec un V signifiant désormais Vlaams . Les socialistes, jusqu'alors très unitaristes, ont connu une évolution semblable avec l'arrivée de Patrick Janssens ou Frank Vandenbroucke, des gens qui possèdent le fameux « réflexe flamand ». A l'inverse, les anciens de la Volksunie ne sont pas tous des indépendantistes excités. « J'ai rejoint la VU, parce que je n'aimais pas l'impérialisme de certains politiciens francophones et que je voulais que les Flamands soient traités correctement à Bruxelles. Mais je n'ai jamais rêvé du séparatisme », confie le député bruxellois Sven Gatz (Open VLD).

La Volksunie n'a jamais été un parti « comme les autres ». On y entrait par conviction, pas pour faire carrière. S'y côtoyaient des anciens collabos et de jeunes gauchistes romantiques. Vaille que vaille, tout ce monde formait une vraie famille. Et ceux qui y ont appartenu n'en sont pas sortis indemnes. Ils restent marqués par ce parti où les débats étaient plus intenses qu'ailleurs. Prenez le cas de Bart Somers : le président de l'Open VLD, qui a quitté la VU en 1992, négocie actuellement la formation du futur gouvernement. Et tous les échos convergent : dès que les discussions portent sur le communautaire, il est beaucoup plus dur que Patrick Dewael et Karel De Gucht, les autres négociateurs libéraux flamands.

L'influence des vétérans de la VU se mesure aussi à l'aune de leur savoir-faire. Les questions institutionnelles constituaient le core business de leur parti, et la plupart d'entre eux connaissent par coeur les rouages du fédéralisme à la belge. Dès lors, lorsqu'il s'agit d'arrêter une position là-dessus, les partis recourent souvent à leur expertise. « Les ex-VU possèdent un certain feeling pour les négociations communautaires, explique Koen T'Sijens (Spirit), bourgmestre de Boechout et ex-député fédéral. Pour les partis traditionnels, ce qui compte, c'est d'arriver le plus vite possible à un accord. Du coup, ils ont tendance à faire plus facilement des concessions. »

Reste la question à 1 000 euros : quels sont les liens qui unissent encore les anciens de la Volksunie ? La plupart refusent de parler d'un réseau, même informel. « Si j'ai besoin de quelqu'un au CD&V, je me tourne vers Johan Sauwens. Si je veux l'avis d'un libéral, j'appelle Patrik Vankrunkelsven, raconte le député flamand Kris Van Dijk (N-VA). C'est un réflexe. Ce sont d'anciens camarades. Mais il n'y a pas de grand complot ni de réunions secrètes... »

Lors des précédentes négociations sur Bruxelles-Hal-Vilvorde, en 2005, il semble bien que Hugo Schiltz (Spirit) et Patrik Vankrunkelsven (VLD) étaient en contact régulier. « Schiltz appelait les uns et les autres pour mettre tout le monde sur la même ligne. Et Bart De Wever a téléphoné plusieurs fois à Geert Lambert pour attirer son attention sur tel ou tel aspect », certifie un membre du SP.A-Spirit. Geert Lambert, qui était à l'époque président de Spirit, livre sa version des faits : « On ne voulait surtout pas paraître moins intransigeants que les gens de la N-VA.

Pour nous, c'était important de savoir jusqu'où ils auraient été prêts à faire des concessions, s'ils s'étaient trouvés à notre place. Mais je n'avais pas besoin de les appeler pour ça. Je les connais, je sais comment ils pensent. »
Aujourd'hui, la situation s'est inversée : la N-VA se trouve à la table des négociations, contrairement au cartel SP.A-Spirit. Mais, pour les nationalistes flamands, l'équation reste similaire : les dirigeants de la N-VA ne peuvent se permettre de dire « oui », là où Spirit aurait calé.

L'impact des anciens de la VU n'est donc pas seulement idéologique, il concerne aussi la lutte stratégique pour le pouvoir. Si le CD&V tournait par exemple le dos à la N-VA, il ne perdrait sans doute pas plus de 3 ou 4 % des suffrages. Mais si ces voix-là s'en vont vers le Vlaams Belang ou la Lijst Dedecker, l'échiquier politique serait alors complètement bouleversé. Conséquence similaire : si Spirit abandonnait le cartel qu'il forme avec le SP.A pour s'allier à Groen ! ou à l'Open VLD. Dans un jeu politique de plus en plus instable et mouvant, aucun parti politique ne peut donc ignorer les exigences des anciens de la Volksunie.

Source: Comment la la N-VA empoisonne l'orange bleue - Elections - Actualité - Le Vif/L'Express

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Vieux 30/11/2007, 11h17   #2
cmbelgique
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