La rénovation : un secteur du bâtiment qui ne connait pas la crise

Il aura connu des années euphoriques. Et pourtant, aujourd’hui, on assiste à un tassement de l’activité du bâtiment, les conséquences inexorables du retournement du marché immobilier et plus largement de la conjoncture économique en berne.

Si aujourd’hui, les médias parlent d’une crise, elle n’est cependant aucunement comparable à celle connue par les Etats-Unis. Certes, le marché du neuf se dégrade. Les ventes de promoteurs et les mises en chantier diminuent : -14,4 % dans le logement et -12,7 % dans le non résidentiel. Selon les données, le chiffre d’affaires du secteur du bâtiment pourrait reculer, en 2008, de 5 à 6% par rapport à 2007. Déjà, les maçons ont vu leur chiffres d’affaires diminué de 0,5% au deuxième trimestre 2008, après avoir enregistré une hausse de 2,5% au trimestre précédent. « Pour l’instant, l’emploi reste relativement stable.

Depuis dix ans, le bâtiment recrute entre 100 000 et 120 000 personnes par an, dont 35 000 créations d’emplois. Cependant, sur 2009, ce nombre devrait diminuer si la tendance actuelle venait à se confirmer. Dans un premier temps, les entreprises risquent de solliciter moins d’intérimaires », commente Anaïck Cucheval de la Fédération Française du Bâtiment. En attestent les chiffres qui confirment qu’au deuxième semestre 2008, 1100 emplois intérimaires ont disparu.

Cependant, point d’alarmisme pour l’année à venir grâce au secteur de la rénovation, le marché de l’amélioration-entretien ayant progressé de 1,1% en volume au premier semestre par rapport au même semestre de l'année précédente. D’ailleurs, à ce jour cette branche d’activité représente plus de la moitié du chiffre d’affaires du bâtiment.

La rénovation : le secteur moteur du bâtiment

Car aussi, depuis quelques années, on assiste à un véritable boom de la décoration et, d’une manière générale de la rénovation. Il n’y a qu’à constater la multiplication des grandes surfaces de bricolage et surtout leur démocratisation. Le marché du bricolage est aujourd’hui en pleine maturité. Avec la mise en place des 35 h, les ménages jouissent d’un temps libre supplémentaire et adoptent une logique de consommation différente. Ils ne refont plus la décoration de leur habitat par nécessité mais par envie. Si auparavant une peinture se changeait en moyenne tous les 10 ans, aujourd’hui, les consommateurs la repensent tous les 3 ans.

Le bricolage est à la mode, en atteste le succès des émissions de décoration qui se multiplient sur nos écrans. Une tendance qui se confirme, par ailleurs, avec l’attrait croissant des ménages pour les services de petit bricolage à domicile.

Ces activités, intégrées aux services à la personne, proposent des prestations à moindre coût, et de surcroît, déductibles des impôts. Si les ménages ont aujourd’hui envie de décorer eux-mêmes leur habitat, ils n’oublient pas pour autant de s’entourer de professionnels, prêts à les aiguiller dans leur projet. Et, pour répondre à ces besoins latents, des métiers ont le vent en poupe, à l’instar des architectes d’intérieurs, des décorateurs d’intérieur, des coachs déco ou encore des designers d’espace.

Ils ont tous un objectif commun : aménager au mieux l’espace intérieur de leur client, en leur transmettant les règles d’harmonie des couleurs, des textures... Certains participent, en sus, à la réalisation du chantier, en tenant compte des contraintes budgétaires, techniques et réglementaires. Ils maîtrisent, pour la plupart, toutes les ficelles du bâtiment. Certains pourront donc se reconvertir si le secteur du gros œuvre venait à s’assombrir.

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