bonjour j'aurais besoin d'aide pour une dissertation sur la Nuit des temps de Barjavel voila le sujet si vous pouviez m'éclairer merci "Pensez vous que Barjavel ait voulu et réussi à faire réfléchir ses lecteurs à travers les éléments du récit de lanuit des temps?
Pour ta dissertation, Barjavel aime à se voir comme un homme simple aimant simplement la vie. Il est dans la conscience absolue de vivre et veut profiter de tout ce qui fait cette existence quilui semble, malgré des déchirements secrets, être un cadeau. Mais il pense que vivre ne suffit pas, que c'est par la mémoire que l'instant devient éternité. Il sent qu'à l'heure actuelle les hommes ont perdu leurs capacités d'émerveillement. Tout ce à quoi l'on croit existe parce que l'on y croit. Le mal, par ailleurs, est une dimension constitutive du monde.
Barjavel est panthéiste, ce qui signifie qu'il croit en la puissance de la nature et donc au bien et au mal qui s'équilibrent. Si pour lui le mal est atroce, il n'est cependant pas définitif. Pour lui, l'écrivain a ainsi une fonction éthique ( = morale ), voire prophétique.
Barjavel est optimiste, mais sensible à la souffrance d'autrui. Il a défendu ses positions, comme son écologisme, son pacifisme qu'il doit beaucoup aux horreurs de la première guerre mondiale. Il entretient un rapport ambigu avec la loi à la fois mise à distance et vaguement révérée.
Il y a un paradoxe dans le fait que Barjavel soit déiste. Il s'en prend à Dieu mais il l'aime et il n'hésite pas à lui demander des comptes, du genre : "Si Dieu existe, il devra avoir une bonne excuse". Le Dieu de Barjavel est en fait plus maternel que paternel. Il a une vision de l'enfance et de l'éducation bien particulière : pour lui, toute forme d'éducation enlève de la pureté à l'enfant ( pureté originelle ) pour le transformer en une sorte d'automate conçu pour la société, et pour en faire un adulte "convenable", c'est à dire que pour lui, "un adulte est un enfant qui a déjà commencé à pourrir". cette innocence perdue est peut-être utopique mais pose réellement problème. Il est également antibelliciste.
Barjavel a beaucoup théâtralisé la fin du monde, à commencer par Ravage. Pour lui, la science-fiction est l'art de la surprise où se déploie la stupeur idéale, celle qui ne comporte pas de remède. Sa passion de la nature est incontestable. Il est non moins certain qu'il a véhiculé des termes considérés comme "réactionnaires".
Il se réinvente des racines perdues avec son intérêt pour Merlin et le Graal dans trois romans sur le merveilleux : Les dames à la licorne, Les jours du monde et L'enchanteur.
Barjavel est un écrivain difficile à classer. Il rêve de pouvoir tout faire, que nous puissions tout faire. Chez les spécialistes, cela s'appelle le fantasme de maîtrise, c'est èà dire l'imagination, et quand elle est épanouie, la fantaisie. Lui-même pense qu'il n'a aucune imagination. Il dit : "Je n'imagine pas. Je considère ce qui est possible." Son nom en provençal signifie "bavard". Lui se qualifierait de fabuliste. Ses romans ont tous une moralité, la recherche de la vérité qui est au bout du voyage intérieur. Son écriture est poétique. C'est la mise en mots de crises morales dans une veine tragique explorant le coeur humain. Barjavel est un romancier de la survie et de la vie. Le destin, en fin de compte, n'est pas si tragique si nous allons au delà de nous-mêmes et si la vieillesse se ressource dans l'enfance universelle.
Le texte, la nuit des temps, s'inscrit dans le contexte historique suivant:
Pour les Grecs de l'Antiquité, l'Antarctique représentait une terre fertile à l'opposé du monde connu, qui maintiendrait le monde en équilibre et l'empêcherait de basculer. La forme de l'Antarctique est presque circulaire et fait 14 millions de km², ce qui correspond à 25 fois la superficie de la France. Une épaisse couche de glace couvre 98% de la surface. Cela représente 90% des réserves d'eau douce de la planète. L'épaisseur moyenne de cette couche de glace est de 2 000 mètres, mais en Terre Adélie l'épaisseur de la glace atteint 4 500 mètres. On a mesuré par radar l'épaisseur de la glace, et, sous la calotte glaciaire, l'Antarctique est en réalité un archipel. Sans la glace, à l'ouest de l'Antarctique on trouverait une série d'îles et à l'est on trouverait un continent montagneux avec quelques lacs.
Depuis 1960, grâce à la théorie de Wegener, on a appris que les continents étaient soudés. L'étude des fossiles de l'hémisphère sud prouve l'existence, il y a 200 millions d'années, d'un continent gelé appelé le Gondwana. Dans une période tempérée, des amphibiens et des reptiles vivaient dans les forêts. Après une intense activité volcanique, le Gondwana s'est disloqué - il y a 120 millions d'années - et après une lente dérive, l'Antarctique s'est centré sur le Pôle Sud. La circulation océanique en a modifié le climat, ce qui a donné la calotte glaciaire. Celle-ci a conservé la mémoire des différents climats grâce à l'air piégé dans ses flocons.
Depuis l'Antiquité, la fin du monde est dans l'inconscient collectif et paraît dans beaucoup de récits. Ce sont ce que l'on appelle les apocalypses, du grec "apocalipsis" qui signifie "révélation". C'est ainsi que Dieu récompensera les bons et punira les mauvais : il y a, dans beaucoup de légendes, la mémoire de grands cataclysmes où sont englouties des cités brillantes. A chaque fois, cela est interprété comme un châtiment divin. Il y a ainsi le mythe de l'Atlantide qui prend naissance dans deux oeuvres de Platon : Le Timée et Le Cristias qui ont été écrits au IVème siècle avant J-C. Le philosophe rapporte le récit qu'aurait fait un vieux prêtre égyptien au législateur athénien Solon. 9 000 ans plus tôt, Athènes affronte un royaume créé par Poséidon ( Dieu de la mer ), c'est à dire l'Atlantide, qui voulait envahir toute la Grèce. Athènes a le dessus mais un cataclysme engloutit tous les combattants et l'Atlantide. L'imagination a situé cette cité au Groënland, au Sahara, dans la Méditerranée ou l'Atlantique. Ceci est peut-être une réminiscence de la catastrophe qui mit fin à la civilisation minoenne vers 500 avant J-C. Le Cristias conte les merveilles de lîle fabuleuse et reste un récit inachevé. ( Voir aussi L'Atlantide de Pierre Benoît (1918). )
3 éléments étudiés dans le texte:
* Le mythe du déluge
Le mythe du déluge a peut-être pour origine les inondations catastrophiques de la Mésopotamie. Dans le déluge, Dieu a le souci de sauver sa création, grâce à Noé et à l'arche de Noé. C'est la même démarche qui conduit à mettre à l'abri, pour les générations futures, Eléa et Coban. La fin du monde est souvent prétexte à recommencement. Les survivants sont comme de nouveaux Adam et Eve. Il faut remplacer un monde devenu désert.
* Conquérir le temps qui passe
Dans La Nuit des temps, l'hibernation sert comme moyen de voyager dans le temps. Barjavel situe l'avenir possible de l'humanité dans un passé très lointain. La cryogénie existe de nos jours, mais le fait de les ramener à la vie est encore de la fiction.
* L'amour plus fort que la mort
Les motifs de l'hibernation sont le télescopage de deux époques, le jeu sur le temps, la réflexion sur le progrès et enfin l'amour fou que ne peut détruire la mort : c'est le thème central du roman.
La première mort d'Eléa et de Païkan a duré 900 000 ans. A leur réveil, l'amour est intact.
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