Comment motiver et faire travailler efficacement les élèves?
Il est constaté par les enseignants que les élèves travaillent souvent de manière trop expéditive, manquent de méthode, de concentration et présentent des problèmes de compréhension. Il semble que la motivation des élèves s'estompe au fur et à mesure qu'ils avancent dans le système scolaire.
Prise en compte des différences :
L'existence de diverses formes d'intelligence (plus ou moins tournées vers le concret ou vers l'abstrait) n'est pas prise en compte par notre système qui favorise l'abstraction.
Du côté des parents on se pose des questions sur la méthodologie de l'apprentissage. Ne faudrait-il pas déterminer et prendre en compte le fait qu'un enfant est plus visuel ou auditif comme le fait la méthode Lagaranderie?
Charge de travail :
Certains trouvent, surtout au niveau du collège que les élèves travaillent trop. Soit à cause d'une mauvaise répartition des travaux sur la semaine, soit à cause d'une surcharge chronique. D'autres cependant soulignent que le travail fourni à la maison permet de développer l'indispensable sens de l'effort, lequel ne saurait attendre la sixième pour apparaître.
Concertation entre enseignants
Une meilleure coopération entre l'école primaire et le collège serait souhaitable. Des plages de temps ménagées dans les emplois du temps permettraient de mieux échanger entre enseignants des deux niveaux. De même les étudiants d'IUFM se destinant au primaire gagneraient à effectuer une partie de leurs stages en collège.
Donner du sens :
Certains élèves ne semblent pas saisir le sens de leurs apprentissages, ce qui nuit à leur motivation comme à leur sens de l'effort. La question de savoir si le groupe-classe est le mieux adapté pour éviter que certains élèves ne "coulent" est posée. On propose comme alternative la création de groupes de niveau ou l'organisation de modules comme il peut en exister au lycée.
Pour favoriser une assimilation réelle des apprentissages, il est préconisé que ceux-ci soient liés à des situations concrètes: sorties sur le terrain, organisation de correspondances, etc.
La notion de plaisir d'apprendre, qui n'est pas nécessairement en contradiction avec celle d'effort, serait à favoriser de même que la mise en confiance de l'élève.
S'il est nécessaire d'identifier ses difficultés, les rappeler sans cesse serait à éviter. De même, pour bâtir davantage de confiance en soi, l'élève devra être sensibilisé au rôle formateur de l'erreur. Se tromper est un droit et peut être bénéfique si on en analyse les causes et en tire les leçons.
Partenariats :
Pour que l'élève soit à même d'inscrire ses apprentissages dans un projet, il est préconisé de développer une meilleure connaissance des métiers grâce à des stages en entreprise, des témoignages d'intervenants extérieurs et à la participation , précédée d'une préparation, à des forums de métiers.
L'aide et les échanges entre élèves de différents niveaux devrait être encouragés puisqu'ils valorisent les élèves des niveaux supérieurs tout en leur permettant une révision de leurs connaissances. Le fait que cette
communication de savoirs se fasse avec un vocabulaire commun (ce qui n'est pas toujours le cas entre élèves et enseignants) est un avantage supplémentaire. En outre de telles coopérations offriraient à l’enseignant une vision nouvelle et plus complète de ses élèves.
De manière générale, tout ce qui permettra la coopération entre élèves est à favoriser.
Evaluation :
Pour que le travail de l'élève ait du sens, il est jugé important de favoriser l'auto-évaluation. La mise au point, parallèlement à la note, d'une grille d'évaluation où l'élève (ainsi que ses parents) saura se situer est préconisée. Celle-ci permettrait de faire le point, chaque trimestre, sur les compétences acquises ou en voie d'acquisition et sera plus valorisante que le travail "pour la note", surtout pour les élèves connaissant des difficultés. Parallèlement, une harmonisation du système de notation et d’évaluation entre les différents enseignants d’une même matière et d’un même niveau serait souhaitable en ce qu’elle permettrait à l’élève de mieux se situer.
Liens parents-école
La nécessaire implication des parents dans la scolarité de leur enfant est soulignée. Chaque élément du lien triangulaire parent-élève-enseignant gagnerait à être renforcé. Si les parents prenaient l'habitude de consacrer quotidiennement un peu de temps à l'écoute de leur enfant, cela leur permettrait de mieux cerner ses problèmes scolaires et renforcerait chez l'élève la conscience de l'importance que revêt sa scolarité. Les rencontres régulières ou exceptionnelles enseignants/familles devraient être l'occasion de mettre en avant les points positifs de tous les élèves et de fixer en commun des objectifs.
Comment les parents et les partenaires extérieurs de l’Ecole peuvent-ils favoriser la réussite scolaire des élèves ?
Education des enfants :
Ce n’est pas la situation sociale de la famille qui fera la valeur de l’enfant, mais l’éducation qu’on saura lui donner laquelle ne se conçoit pas sans une formation morale que l’école se doit de venir conforter. Les enfants doivent arriver frais et dispos à l’école. Afin d’éviter qu’ils se couchent tard, la télévision dans les chambres est à proscrire .car elle constitue en aucun cas un substitut culturel Le lieu, quel qu’il soit, où s’effectue le travail scolaire doit être clairement défini ainsi que le temps nécessaire à lui consacrer. Il est nécessaire que les parents consacrent à leurs enfants un temps-qualité, c’est à dire une plage de temps, pas nécessairement étendue, mais où le dialogue s’instaure et où l’échange soit intense. En ce qui concerne la lecture, l’exemple parental est important. La lecture d’histoire aux tout petits, la fréquentation des bibliothèques, l’encouragement à des lectures mêmes courtes sont à même de motiver l’enfant. A ce propos, aucun support de lecture n’est à proscrire. Lire une BD, une revue, voire un catalogue, c’est aussi lire.
Il est nécessaire, tant pour l’enfant que pour l’école, qu’au moins un adulte référent en matière scolaire soit clairement identifié.
Lisibilité de l’école :
Toutes les mesures susceptibles de favoriser la stabilité des équipes éducatives devraient être envisagées. Cette permanence facilite l’établissement de projets et la lisibilité des objectifs à long terme, pour les parents comme pour les élèves.
La communication entre l’école et les familles doit être limpide. Par exemple, le bulletin de note doit apporter aux parents des informations claires et de nature à les aider à identifier les besoins de leur enfant. Il est également indispensable pour améliorer la participation des parents que les objectifs de chaque niveau soient clairement définis. Le carnet de correspondance, mais aussi les cahiers de brouillon où parents et enseignants peuvent constater le travail personnel effectué, gagneraient à être remis au goût du jour. De même, toute information concernant les difficultés de travail ou de comportement devrait être immédiatement signalée à la famille afin qu’une action cohérente et rapide soit mise en place par les adultes. Des critiques se sont élevées contre l’agenda qui ne se révèle pas toujours d’une lisibilité parfaite. Continuer d’utiliser le cahier de texte serait préférable.
Le soutien inconditionnel des parents au règlement intérieur de l’établissement doit être la règle.
Suivi du travail :
Les surveillants ont le droit et le devoir de contrôler sur les agendas (ou cahiers de textes) le travail à effectuer ainsi que sa réalisation et jusqu’à la qualité de celle-ci.
Les devoirs de vacances devraient émaner de l’école et être définis en fonction des besoins spécifiques de chaque enfant et non laissés à l’initiative parfois fantaisiste des éditeurs.
Evaluation :
Celle-ci doit être un constat, pas une sanction. La note n’est qu’une photo instantanée. Le plus important est le contenu du bulletin dont les synthèses sont trop brèves. Il est important de savoir souligner les réussites, même des très bons élèves, car bien que ce soit à contre-courant, il serait bon que leurs pairs les prennent pour modèle.
La boîte à outils :
Unanimement, une nécessité de recentrage des apprentissage s’est exprimée. Savoir lire, écrire et compter devraient être les buts essentiels de l’école. Il ne suffit pas que ces notions soient acquises dès le primaire, il faut qu’elles soient entretenues et enrichies tout au long de la scolarité. L’apprentissage, par la répétition, d’automatismes arithmétiques ou langagiers devrait être restauré pour favoriser le développement de la mémoire profonde.
Trois priorités pour l’école :
1 - L’école se doit d’offrir à chaque enfant l’indispensable « boîte à outils » que constitue une bonne compétence dans les domaines de la lecture, de l’écriture et du calcul.
2 - Les enseignants ont un besoin impérieux de bénéficier d’horaires intégrés à leur emploi du temps durant lesquels, dans l’enceinte de l’école, ils puissent élaborer une meilleure concertation de leurs actions.
3 - L’école doit se fixer comme objectif prioritaire la communication entre les parties prenantes de l’éducation : parents, élèves et enseignants.
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